A l'occasion de la compétition organisée par MixWave et Mike Stringer du groupe de metal Spiritbox, j'ai soumis ma participation. Composition, production, mixage et vidéo, on a beaucoup de choses à couvrir dans cet article !
Contexte
Dans un élan promotionnel, MixWave lance le MixWave Riff Contest en collaboration avec Mike Stringer, le talentueux guitariste du groupe Spiritbox.
Cette collaboration, qui a commencé plusieurs mois avant ce concours, avait déjà abouti sur un nouveau produit du catalogue MixWave : le Mike Stringer - Spiritbox Amp simulation, un ampli virtuel cristallisant le son personnel et unique de Mike Stringer. Selon Equipboard, Mike Stringer aurait utilisé spécifiquement cet ampli virtuel pour l'EP "The Fear of Fear". Si vous appréciez les guitares de cet EP en particulier, vous savez quoi faire !
MixWave x Mike Stringer - Spiritbox Amp Sim

Parlons un peu du plugin en lui-même. Nous pouvons déjà noter un très bel effort esthétique qui, je dois l'admettre, est très joli et très moderne.
Nous avons tout un panel d'options disponibles, mais commençons par le plus gros morceau : la tête d'ampli avec son oeil inscrit dans la grille. Sachant que Mike Stringer est fan de Archetype Nolly et Plini, nous pouvons supposer que cette tête émule un Peavey 5150. La tête dispose des options que l'on peut retrouver sur nombre d'amplis virtuels, à savoir des contrôles pour la quantité de gain, de basses, de médiums, d'aigus et de suraigus. Un paramètre fait déjà sortir cet ampli du lot : le bouton résonance. Un paramètre un petit peu plus obscur, mais que je décrirais comme un bouton qui met plus en lumière le timbre de la guitare, notamment dans les graves.
L'ampli dispose de 3 canaux différents qui utilise tous ces contrôles. Un canal pour la guitare rythmique, un autre pour les leads, et un dernier pour des sons cleans, plus atmosphériques. Un panel de sons que l'on retrouve dans l'ensemble de la discographie Spiritbox et qui fait partie de l'identité de leur musique.
Outre les presets, que je vous encourage à essayer pour une fois, cet écran présente d'autres options de qualité, comme un noise gate intégré. Le bouton pitch shifter, par exemple, est simple à utiliser et fonctionne très bien, sans dégrader le son original trop raidement.
Parlons maintenant des autres écrans du plugin. Nous pouvons les voir dans le cadre "Signal Chain", ce qui les rend rapidement accessibles. Chaque autre écran concerne une pédale d'effet, allant de la reverb au ring modulator. Un avantage notable est que ces petits écrans constituent la chaîne du signal, et donc que leur ordre est modulable et important ! Cela permet d'être plus créatif dans la conception de son son, et ce depuis le plugin.
Le seul écran dont j'aimerais parler plus en détails est l'écran Cab. Effectivement, nous n'avons parlé que de la tête de l'ampli, mais il faut aussi un cabinet pour obtenir un son correct. Par chance, le plugin est déjà très bon dès son ouverture. L'écran des cabinets nous offre tout de même de quoi nous amuser. Ce ne sont pas 2 mais bien 4 haut-parleurs qui peuvent être sélectionnés pour créer un son unique et puissant. Une variété de microphones, allant de l'incontournable SM57 au R-121, assurent que chacun y trouve son compte.
Je relèverais un "défaut" cependant, ou plutôt une option que j'aimerais avoir eu, est la possibilité d'importer des Impulse Responses. Je voulais profiter d'une part de l'interface très bien agencée du plugin, mais également de sa qualité pour avoir encore plus de contrôle sur mon son en utilisant mes Impulse Responses à moi. Peut-être est-ce possible, mais je n'ai pas trouvé comment.
Cela signifie que l'on peut tout de même se retrouver limités par le plugin si veut absolument avoir un pouvoir créatif, car ce n'est pas le but du plugin. Celui-ci est là pour reproduire les son Spiritbox et un son de guitare immédiatement utilisable, et je peux en attester dans ma participation !
Composition
La compétition prenait la forme suivante : l'organisateur fournit 3 pistes de batteries pré-mixées, d'une longueur comprise entre 30 secondes et 1 minute. Les participants ont ensuite pour mission de produire la meilleur musique à partir de la piste de batterie de leur choix, et le gagnant est déterminé par le jury MixWave dont fait partie Mike Stringer ! Les trois premiers gagnants reçoivent différents prix, et tous les participants reçoivent une réduction sur leur prochain achat MixWave.
La composition a été assez difficile, de manière générale. Je ne me sentais pas très inspiré au premier abord par les grooves des 3 pistes. C'est en tâtonnant avec du MIDI que j'ai réussi à obtenir mes premiers résultats : un premier riff misant sur une forte énergie, surplombé par une note inquiétante. Ce riff assurerait une forte entrée en matière !
Après la fin des deux cycles que j'ai choisi pour son riff, il me semblait naturel de relâcher la tension et l'énergie pendant un temps. Le contraste est très important dans la musique, et après tant de PUISSANCE, il faut que tout le monde se repose. D'instinct, j'ai poursuivi sur un autre ton. Pour cela, les instruments sont différents : violons, guitares cleans et piano se joignent à la fête pour proposer quelque chose d'autre. Cependant, comme je ne voulais pas complètement relâcher l'énergie de la piste, les guitares continuent de jouer un motif plus rapide, plus compliqué, et la décision de faire jouer ce riff par une seule guitare laisse de la place tout en maintenant une forme de force.
Ainsi, lorsque la seconde guitare se remet à jouer, la largeur revient et remet les compteurs au maximum. Le dernier motif vient casser la rythmique avec des dissonances, apportant une tension maximale et amenant la fin de la piste. Par ailleurs, la DERNIERE note est une note qui n'est pas possible dans l'accordage que j'ai utilisé, puisqu'il s'agit d'un F#. Un pitch shifter est nécessaire pour jouer cette unique note !
Mixage
Le mixage s'est passé sans réelle encombre. Comme les pistes de batterie sont très bien mixées, et que je suis habitué à commencer par la batterie, cela m'a beaucoup facilité la tâche pour apporter les autres éléments. Comme il s'agit d'une compétition de motifs, l'idée générale de ce mix était de mettre en valeur les guitares, d'obtenir un mix qui met en lumière le travail de production, de superposition et de profondeur, tout en ayant le maximum d'énergie possible.
Avec ces éléments en tête, les décisions sont plus rapides à prendre car une forme de hiérarchie est formée entre les éléments. Chaque mix possède une forme de hiérarchie entre les instruments : certains apprécieront une batterie plus en avant pour plus de punch et de groove, d'autres la basse pour plus de lourdeur, ou certains préfèreront mettre en avant les voix pour mettre en lumière la performance. Ici, ce sont les guitares qui mènent le groupe puisque nous sommes dans une compétition de guitares. Comme tous les participants ont les mêmes pistes de batterie, ce n'est pas la partie qui sera le plus intéressant à écouter.
Cette hiérarchie reste relativement subtile, il s'agit uniquement de mettre des éléments plus en avant que d'autres, et si besoin. Cela ne signifie pas que les guitares doivent être boostées de 10 décibels !
En travaillant d'abord avec les éléments les plus importants, à savoir les guitares, la batterie et la basse, on s'assure que ce sont ces éléments qui prennent le plus de place sur notre "canva", et que les autres instruments prendront un peu la place qui reste, si j'ose dire.
Vidéo
Conformément à mes autres vidéos, un petit set de lumières participerait encore plus à transmettre l'énergie et la puissance de ma piste.
La partie la plus intéressante avec les lumières est l'utilisation des couleurs. Comme on montre beaucoup de choses en très peu de temps, on peut utiliser un panel de lumières plus varié et intense très rapidement.
Pour renforcer le côté inquiétant et ténébreux du motif principal, j'ai choisi de partir sur du violet, une couleur souvent utilisée pour donner un côté maléfique et mystérieux. Il est accompagné de blanc ici, car j'aime beaucoup utiliser le blanc pour donner un côté explosif et puissant, ce qui est la deuxième caractéristique du motif.
Le motif suivant misant plus sur le concept d'ambiance et contrastant complètement avec le motif d'entrée, cela se fait ressentir également dans la musique. Tout d'abord en termes de flashs, avec des longues montées en lumière au lieu de flash courts, mais également en termes de couleur, en passant du violet au orange, complimenté par le bleu. En suivant une forme basique de théorie des couleurs, on arrive à un résultat qui traduit les évènements de la musique en lumière.
Le dernier motif n'échappe à pas à la règle. Venant complètement casser le rythme, c'est également ce que fait la lumière. Utilisant de fortes dissonances et une force brutale, la couleur rouge semble la plus adaptée pour sublimer cette partie. Il faut être prudent avec le rouge dans ce genre de musique, parce qu'on tombe rapidement dans le cliché du "c'est énervé, c'est puissant, c'est metal, met du rouge !!". Une couleur à utiliser avec parcimonie.
Conclusion
Le MixWave x Mike Stringer Spiritbox Contest était une occasion amusante de se mettre au défi et l'occasion pour moi de remettre la main sur le fameux plugin de Mike Stringer. Je l'avais déjà essayé à sa sortie et l'impression qu'il m'avait laissée est toujours aussi bonne. L'essentiel des outils dont j'aurais besoin sont accessibles depuis le plugin et il est conçu four fournir très rapidement un son prêt à mixer, ce qui est très agréable. Un plugin de qualité, à l'interface agréable... définitivement une bonne surprise !
Vous pouvez trouver MixWave - Spiritbox ici :
PS : j'ai aussi aidé au tournage de la participation de Extrem Raym, alors allez jeter un oeil !
Crédits
François-Xavier Desnos "Friops" - Production, Mixage, Montage
X-Raym - Assistant video
Henri Desnos - Assistant video
