Avec la sortie de mon single "Limbo" vient également la version instrumentale de celle-ci. Dans cet article, nous allons pouvoir nous focaliser sur la composante instrumentale de la chanson : son inspiration, son arrangement, sa composition et le mixage des instruments.
Composition et Arrangement
Couplet
L'écriture de cette instrumentale s'est faite ne plusieurs temps. La première pierre de la musique a été les couplets, qui se veulent inquiétants et mystérieux. La base de ces couplets repose plusieurs piliers principaux : le premier est bien sûr le combo basse-batterie, synchronisés dans ce rythme plutôt déroutant. Le second pilier est ce synthétiseur, plutôt grave qui joue un arpège mineur, jouant avec les sensibles. L'utilisation de la gamme mineure harmonique s'est montrée très utile pour donner ces esthétique fantomatique, tendue. Ce synthé est ensuite rejoint par un piano lors de la deuxième partie du couplet, histoire de faire monter un peu en tension et en orchestration l'énergie vers le refrain, tout en changeant les lignes de basse et de batterie.
Partant dans cette direction esthétique "film d'horreur", "fantômes", une ambiance de maison hantée finalement, se tourner vers une atmosphère très suggestive et embrumée me semblait être la voie à suivre. En effet, les films d'horreur aiment beaucoup jouer sur l'utilisation de sons simples pour suggérer la terreur. Ici, j'ai utilisé de très nombreuses banques de sons, dont certaines spéciales Halloween, pour donner cet effet : grincement de portes, cris inquiétants, rires, bruits métalliques, tout y est ! Pour un plus de musicalité, j'ai aussi rajouté une discrète guitare flanger et un theremin, qui renforçent encore cet aspect fantôme. Et en parlant de fantôme, vous aurez sans doute remarqué aussi cette sorte de petit gémissement plaintif dans les couplets, qui se balade de gauche à droite et de droite à gauche, noyé dans une réverbération et donnant cette idée de spectre ambulant et attristé. J'appelle ça des "baleines", car cela me faisait penser au chant des baleines. Un procédé de ma composition que j'utilise plusieurs fois même dans l'album "Dying Dreams", dans "The End of The World", par exemple !
Refrain
Le refrain se devait de contraster avec les couplets plus flottants, alors c'est ici que j'ai décidé de lancer les guitares pour un maximum d'énergie. De nombreuses couches se superposent, des guitares aux violons, en passant par une basse beaucoup plus imposante que celle du couplet. Le petit synthé qui effectue le lead du refrain n'a pas d'histoire particulière, si ce n'est que je me baladais dans les presets fournis dans Massive X et que j'ai apprécié l'effet de celui-ci sur la piste, alors je l'ai gardé.
Break/Pont
C'est ici que je voulais le maximum d'énergie. Tout comme dans les films d'horreur, l'ambiance pesante et inquiétante conduit toujours à un climax, une libération, qui est bien souvent le moment où le monstre se révèle ou attaque. C'est ici que se libère le maximum d'énergie, faisant passer l'attention sur les guitares et ce synthétiseur lead plus pêchu, inspiré de DOOM.
On pourra remarquer la modulation des guitares en G, alors que le reste de la chanson est en G# et C# mineurs, ce qui fait pencher la balance dans ce déséquilibre de l'horreur qui se traduit par une modulation sur la sensible de la gamme. Le monstre domine sur les héros, et fait basculer la tonalité.
Cette vision du "monstre" est aussi immédiatement perceptible, avec cette voix complètement transformée, atrophiée, voire inhumaine.
Mixage
La chanson "Limbo" est une chanson de taille : entre 140 et 150 pour une seule chanson, c'est dire le niveau de détails que vous pouvez percevoir tout au long du morceau. Un des défis de cette chanson, vous l'aurez compris, est de réussir à tout faire tenir ensemble, ce qui devient de plus en plus difficile au fur et à mesure que l'espace sonore se remplit.
C'est pourquoi il est primordial d'établir des priorités : toutes les pistes ne sont pas égales entre elles, et suivre un schéma de mixage conventionnel m'a beaucoup aidé. Les voix, par exemple, sont la partie la plus importante du morceau et sont donc les plus en avant. Puis les instruments, telles que les guitares, la basse et batterie se tiennent à ses côtés mais sans être aussi forts. Finalement, comme l'espace est déjà relativement rempli, il suffit de remplir ça et là avec le reste afin de donner une expérience plaisante et qui correspond à la direction voulue lors de la composition également.
Comme les très nombreux sons agissent en tant qu'ambiance, il est normal de leur donner une place plus dégagée, plus flottante, que nos éléments principaux. Leur pouvoir est la suggestion, courts mais efficaces.
Conclusion
L'instrumentale de "Limbo" ne s'est pas faite du jour au lendemain. Projet très ambitieux et complètement différent de toutes les chansons que j'avais écrites auparavant, "Limbo" et son instrumentale sacralise l'esthétique d e l'album Dying Dreams, qui le précédait, en portant ces éléments au maximum de leur potentiel. Le ton spectral et mystérieux atteint son pic ici, et cela commence et est même déterminée par l'instrumentale.
Crédits
François-Xavier Desnos "Friops" - FX studio
X-Raym - Mixage, Mastering, Production
Henri Desnos - Production
